Rencontres cross-médias 2011 au Campus Curie

 

Dans le cadre de l’enseignement mutualisé entre les Universités Paris 8 et Paris 13 se déroulent annuellement des « Rencontres Cross Média ». L’objectif est de proposer aux étudiants de cinq formations master «Création, Innovations et Informations numériques», spécialités : « Création et éditions numériques» UP8, « Innovation en Communication » UP13, « Design Interface » UP13, « Nouveaux Enjeux des Technologies » UP8, « Conception d’applications multimédia » CNAM, et une licence professionnelle « Création et Développement Numériques en Ligne» UP8/Gobelins, au total une centaine d’étudiants en fin d’études universitaires, des interventions de professionnels et de chercheurs du secteur numérique sur les mutations majeures en cours.
Il s’agit dans ces sessions de débattre de la stratégie des acteurs privés et publics, majors ou spécialisés, des modèles économiques émergents, de la diversité de l’offre de services, des enjeux sociétaux, et des perspectives d’évolution liées à l’apparition de nouveaux supports de diffusion : de leur multiplication, fractalisation à la disparition éventuelle des écrans. Cette année, 3 notions clés sont particulièrement investiguées : la tactilité, la mobilité et la réalité augmentée.
Ces deux journées « Cross Média » dédiées à l’analyse des « stratégies d’acteurs et aux nouveaux contenus et services » sont organisées pour questionner les principales mutations à l’œuvre spécifiquement dans les secteurs éditorial et culturel avec des partenaires majeurs.

Lundi 14 février : 9h30 – 17h : Mutations technologiques, mutations éditoriales
Migrations financières, mutations d’usages, redéfinitions éditoriales

Penser en un premier temps par les entreprises du net, le cross média devient un phénomène qui se généralise et touche largement le secteur des médias traditionnels. En quelques mois en France la notion de cross média est devenue incontournable pour rendre compte des évolutions médiatiques et des nouvelles logiques marketing. On commence à définir ses modalités d’organisation et les instituts de sondage affinent leurs outils et méthodes pour analyser précisément ses performances. Les plus grands groupes médias de dimension internationale le mettent en œuvre et l’affirment comme LA nouvelle stratégie de communication. On parle de communication à 360°.
Synthétiquement on pourrait dire que c’est la façon contemporaine de réagir à plusieurs phénomènes convergents :
1.    l’inflation de services informationnels,
2.    la porosité entre l’information et la communication,
3.    les changements des comportements des usagers,
4.    la nécessité de maintenir une économie et d’attirer la manne publicitaire.

Concrètement et avec une rapidité inédite, les médias sont en demeure d’innover pour résister à la versatilité de la consommation de services.
Le cross média apparaît comme une des seules façons qu’ont les médias traditionnels (d’information) de résister à l’internet 2.0 (qui fonctionne avec les réseaux sociaux qui sont prioritairement des outils de communication) par une mutation profonde et globale de leur mode de production.
Parallèlement, le cross média semble être aussi une des seules façons qu’ont les acteurs du  web 2.0 de profiter des contenus labellisés, des savoir faire éditoriaux confirmés des médias traditionnels (médias traditionnels dont le mode de production repose sur les enquêtes, la hiérarchisation de l’information, l’approfondissement des dossiers et la créativité dans la mise en forme).
Ces deux types d’acteurs sont conscients de leurs complémentarités qui reconfigurent le paysage de la consommation d’information et la production de communication, aussi on constate chez les uns et les autres une volonté commune.
- de créer des services multiplateformes,
- de répondre à des comportements de consommation convergents qui supposent la présence d’informations et de services sur différents supports.
- de générer de nouvelles sources de profit.

Au cours de cette journée seront abordés les aspects structurants du phénomène cross médias : les migrations financières, les mutations profondes des comportements de communication et d’information des populations et les conséquences sur la réorganisation des groupes médias et leurs nouvelles logiques éditoriales. Les interventions seront portées par des responsables du groupe Lagardère, d’Evene.fr, de la Tribune, des éditeurs du secteur scientifique. Les questions de l’automatisation et de l’industrialisation de l’édition seront aussi discutées avec des experts.
Dans le cadre de nos formations universitaires c’est aussi la question de l’évolution des métiers du secteur qui sera abordée.

Cette journée sera animée par Norbert Paquel , expert NTIC, DG de la société Canope.

Voir le programme complet des rencontres cross médias [PDF]

Mardi 15 février : 9h30 – 17h
Innovations technologiques et nouvelles formes de médiation dans les musées scientifiques et culturels

Les NTIC ont, depuis plusieurs années déjà, trouvé une place conséquente dans les musées, les monuments historiques et les institutions culturelles. Musées d’Europe, musées américains en font, par exemple,  un usage de plus en plus raisonné et pertinent. La Chine de son côté s’ouvre à ces mêmes pratiques et les dispositifs numériques les plus sophistiqués pénètrent massivement les musées et les monuments chinois les plus prestigieux, comme éléments incontournables de leur rénovation.
La numérisation des données scientifiques et culturelles est un enjeu largement pris en compte dans ces structures, on y poursuit les missions de conservation, d’indexation, de traitement des données. Les questions d’interopérabilité et de multilinguisme restent majeures mais encore inégalement prises en charge. Les institutions culturelles en fonction de leur taille, de leur appartenance, de leur financement les mettent en œuvre de manière différenciée.
La valorisation de ces données devient, aujourd’hui, dans la plupart des cas, la nouvelle priorité : les questions d’un nouveau rapport aux publics, d’une nouvelle façon de présenter le musée et les œuvres interrogent les responsables des musées, les dimensions touristique et économique sous-tendent ces initiatives.
« Avant, Pendant, Après la visite », le service numérique est présent aux trois étapes de la consommation culturelle.

Avant : à travers les sites de préparation de la visite, la billetterie.

Pendant : avec la multiplication des systèmes et dispositifs de simulation, d’expérimentation, de réalité augmentée ou d’installations interactives.

Après : avec la personnalisation de la visite, les réseaux collaboratifs, les compléments pédagogiques, l’e-commerce (boutique, promotions, etc).

Les dispositifs numériques se diversifient : de la borne interactive de réalité augmentée aux douches sonores ou aux services mobiles géolocalisés, on accompagne le visiteur, on lui fournit des compléments explicatifs ou contextuels.

Dans ce foisonnement de services et face à l’accélération des implantations multimédias dans ce secteur des états des lieux des innovations réalisées commencent à circuler, toujours partiels, toujours datés. Cette journée se propose d’interroger les principales innovations en cours dans les musées scientifiques et culturels. C’est avec les acteurs innovants majeurs que ces questions seront débattues.

L’animation sera assurée par Jean Pierre Dalbera, expert Technologies Information, Communication et Culture, direction générale des patrimoines  (service des musées de France), ministère de la Culture et de la Communication.

 

Journées réalisées sous la direction scientifique de Ghislaine Azémard, professeure Université Paris 8, avec la participation de l’institut Curie. Coordination des journées: Audrey Defretin (LEDEN)

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